Le Papotin

Numéros 29/30 & 31 -

LES MOTS D’ANSELEM

La psychiatrie

La psychiatrie c’est comme un cocon Qui fait bien plus mal qu’un cocard Les pilules pullulent dans ce long couloir tout noir Enfermé, t’as qu’un droit, c’est de la fermer Et ouais, on s’est bel et bien fait berner Là où tout le monde agonise, à la souffrance on fait la bise On est de la baise On nous rabaisse Et bien sûr nous, on acquiesce On n’encaisse, pas de chèques Mais bel et bien l’échec L’aiguille de la pendule avance lentement Pendant ce temps, l’aiguille de l’injection s’enfonce brutalement C’est tellement dur, C’est sûr la psychiatrie laisse des cicatrices Le mot souffrir comme sourire Je connais çà comme Sabine Et je sais que çà abîme Une prière pour elle, Du fond d’un cœur qui pleure.
Anselme

Maladie

La maladie sale mélodie qui sans cesse Se répète dans ma tête Sensation d’un cœur entouré d’un voile sale Que de l’ombre, plus d’étoile
Moi je sombre et c’est toi qui chiale Envie de me jeter dans le vide Tellement l’angoisse me ronge le bide Sentiments remplis de rides
Je souffre et sur cette feuille je me livre La maladie m’a heurté Car avec le mal j’ai trop flirté Trop porté des choses lourdes à supporter Le martyr sans mentir impossible
De le faire partir Pas besoin de dico pour savoir ce que Souffrir veut dire J’ai une larme dans l’oreille j’entends La tristesse accourir.
Anselme

La solitude

Un silence qu’on entend partout Qui fait un bruit à rendre fou Une présence qu’on attend en vain Qu’on comble avec quatre litres de vin Dans la solitude on titube
Sans jamais en prendre l’habitude Les pleurs remplacent les sourires La nostalgie les souvenirs On aimerait faire retour en arrière Du temps où l’on était si fier
Là où l’on est y a comme un vide Parfois la fin c’est le suicide Mais toi ne fais surtout pas ça Qui sait de quoi sera fait demain Peut-être que ce manque passera Et que tu serreras d’autres mains En attendant tiens le coup
Moi je tiens grâce à l’écriture Même si parfois je suis à bout Ça efface un peu les fissures Un texte en guise de compagnie Comme une lumière dans la nuit.
Anselme

Aujourd’hui

Aujourd’hui, L’atmosphère est au calme David joue du piano Comme une douce alarme Qui fait taire, les moineaux Puis il s‘arrête Quelques applaudissements Son instrument A fait taire L’assemblée Tout doucement Taire les discours Adoucir les cœurs Les touches du clavier Nous font rêver Si loin du malheur Puis Une peinture de Grégory S’installe dans la salle Certains la trouve jolie Mais loin du personnage Est-ce important de tout comprendre ? Plutôt analyser Sentir de tous nos membres Ce qui nous fait trembler Les sens en éveil On parle d’un élève Qui a tué 11 vies 10, Et une autre Lui même Est-ce une signature A sa blessure Un emblème Avant que sa vie s’arrête Il fallait un théâtre De sa peine.

Anselme

Numéros 29/30 & 31 -

Shirley et Dino

Shirley et Dino sont des amis de Howard Buten : Ils ont joué en première partie du clown Buffo au Théâtre du Ranelagh. Et c’est tout naturellement qu’il les a accom- pagnés à la rencontre des Papotins.
Florent : Quel est votre nom complet ? Dino : Gilles Benizio Shirley : Corinne Benizio parce que je suis mariée. Alexandre : Depuis combien de temps êtes-vous en duo de comique ? Dino : Depuis 1983, le premier spectacle, ça fait 23 ans. Yann D. : Quand est-ce que tu as tourné le film ? Shirley : Il s’appelle Cabaret Paradis et il n’est plus dans les salles. Dino : Il sortira en DVD en octobre. Florent : Pourquoi ça n’a pas été distribué plus longtemps ? Shirley : Ah parce qu’il n’a pas eu beaucoup de succès, le gens n’ont pas aimé. Florent : Pourtant je crois que les critiques étaient bonnes. Dino : Oui, les critiques étaient tout à fait correctes mais le public n’y a pas été. C’est comme ça. Yann A. : Qu’est ce qui a fait l’image ? Shirley : Pour le film ? Yann A. : Ouais. Pour ressortir la couleur du noir et blanc ? Shirley et Dino : En couleur, en couleur. Shirley : Elles sont très belles les images parce que ça se passe dans un cabaret. Donc il y a des jolis costumes, il y a des rideaux de broderies, des paillettes. (16’35’’). Florent : Est-ce que vous avez fait le conservatoire ou le cours Florent ? Howard : Excellente question. Shirley : Non, pas du tout. Florent : Où est-ce que vous vous êtes formé ? Dino : À Rouen, dans la rue au départ. Sur les terrasses de bistrots et puis tout ça. Et on a fait des stages de for- mations sur un thème. On a fait du clown, on a fait de la tragédie, de la comédie. Howard : Tu as fait de la tragédie ? Dino : C’est vrai que pour nous faire de la tragédie…