Le Papotin

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Editoriaux

Numéros 26/27&28 -

ÉDITO N° 26/27 & 28

 

Le Papotin et les politiques.

Dans le cercle des amis qui accompagne et prépare chaque numero du journal, la polémique électorale (en réalité son ombre) a fait une traversée rapide et courte. Est il normal de publier maintenant l’ interview du Président (le président candidat) ? Faut-il une contre-partie à gauche (interviewer aussi un de ses ténors) ? Ou simplement ne pas s’ acharner à combler le retard de parution habituel, ce qui réglerait le problème (apres les élections, une asymetrie droite-gauche dans le journal importerait peu…).

Les plus anciens ont rappelé aux plus jeunes quelle fut la « politique » constante du Papotin depuis 12 ans et ce faible écho de la polémique électorale s’ est évanoui. Eh, pas si vite ! Hormis le ridicule d’ imaginer que le Papotin puisse avoir une influence sur le vote des français, il n’ en est pas moins un journal d’ opinion. Le Papotin défend une cause, il est engagé, il a une stratégie, des tactiques, tout ce qui s’ ensuit. Il n’ est pas neutre, et c’ est le moment d’ en reparler.

Dès le début, ses commandements (technique et morale melangés) furent : Un : au public ordinaire tu t’ adresseras. Deux : l’ accès a la culture pour tous tu défendras.  Trois : « la discrimination positive » tu la fuiras. Quatre :  la dignité et la reconnaissance  sociales tu chercheras. Cinq : la compassion, tu ne l’ accepteras pas. Six : la parole autonome des journalistes atypiques tu transmettras. Six :  des interviews de personnalités publiques connues des papotins tu les feras. Sept : avec des reportages culturels et politiques tu decouvriras les autres. Sept : les similitudes entre les humains tu  montreras. Huit : l’ insolite des uns et des nôtres, tu ne le cacheras pas. Dix : le matériel clinique et les diagnostics, tu ne les utiliseras pas.

Stratégie et tactiques sont donc là, mais oû est la cause ? Lisible dans chaque numero, quoique tacite, elle est que les personnes malades ne sont pas définies par leur seules maladies, les handicapés par leur seuls handicaps et « les autistes et troubles aparentés » (comme on dit maintenant) pas seulement par leur autisme. Intelligence, fantaisie, autre regard, drôlerie, naiveté pertinente, communication ô combien (Onzieme : d’ être surpris tu n’ auras jamais peur), plaisir, etc…

Pourtant,un autre commandement fut toujours respécté dans tous les numeros : la discussion scientifique, technique et sociale sur l’ autisme, tu la refuseras.

Mais voilà, même ainsi – paradoxe tant que vous voulez – ce journal a défendu, defend et revendique la cause des autistes. Comment ? Notament par son intérêt à ce que les personnalités et les institutions officielles de l’ Etat et de la République accueillent ces jeunes gens avec le sérieux et le faste que requierent leurs fonctions, qu’ ils rendent justice officiellement à ces personnes qui, dans bien des aspects de leur vie quotidienne, loin, tres loin de tout accès à la culture, ne sont pas traités comme des sujets de droit (manque de places, de classes, de lits, de transport, manque de tout).

Etre accueillis au Senat par Yvan Renar, député PC, accueillir Claude Allegre au Comité de Redaction, être invités à la Garden Party de l’ Elysee en l’ an 2000, être reçus aujoud’ hui par le President de la Republique : pour les papotins, c’ est un plaisir, pour la cause, ce sont de modestes briques dans la réhabilitation sociale des personnes autistes (la derniere un peu plus grosse d’ ailleurs).

Jacques Chirac les a accueilli avec la decontraction et la bonne gestion du malaise de celui qui connait (et est sensible à) ce type de difference. Toutefois nous savons que le President (comme le Premier Ministre), la droite (comme la gauche),ne sont guere capables de donner plus que ce que les parents leur arrachent de haute lutte année apres année.

Ici, nous appréciâmes beaucoup Simone Veil(qui ne vint jamais au Papotin, qu’ elle ne doit pas connaitre) qui a si bien réagi à 15 années de pression familiale, et avec sa Circulaire du 25 Avril 1995, qui fit enfin reconnaitre le probleme de l’ autisme comme priorité de Santé publique.

En 1996, un long débat, passionné, eut lieu au parlement, initié par le deputé François Chossy. On vit alors  que l UDF et le PC savaient de quoi ils parlaient (sensibilisés sans doute par des experiences familiales ou amicales) et de ce fait ils convergeaient, au contraire du PS et du RPR qui se rejoignaient aussi mais dans l’ ignorance.
Qu’ est ce que tout cela veut dire ? Que la question de l’ autisme est une question tranversale, qu’ elle peut traverser tous les courants, mais dans les deux sens : tous peuvent sincerement s’ y interesser, mais aucun n’ est vraiment capable de repondre à ses exigences.

Ainsi va le Papotin dans la galère commune aux autistes,mais il ne revendique rien. Aussi, merci beaucoup à Michel Castella, à l’ époque au cabinet de François Bayrou, qui milita pour la premiere subvention de l’ Education Nationale au Papotin (1994). Aucun des ministres suivants ne désavoua la chose depuis, et Claude Allegre (motivé par son fils Jean-Paul, un cineaste ami du journal) nous rendit visite en …, une presence modeste et circonspecte. Jack Lang augmenta la subvention cette année avec une lettre flatteuse pour le journal. Côté Papotin, merci. Côté autisme, je dois dire que l’ institution Education Nationale est, quant à sa contribution à la prise en charge de l’ autisme en France, sans volonté ni genie, vraiment démunie, et en fait lamentable. D’ autres bureaux et officines sont à la meme enseigne, mais ce n’ est pas le rôle du Papotin d’ y revenir.

Saches donc, lecteur, que pour nous, tous ceux qui aiment le Papotin sont ici les bienvenus et que les échéances electorales ne sont pas celles du journal.Merci donc Michel, François et Claude, merci Jack et Jacques, et tous ceux et celles qui donnent aux papotins matiere à exercer leur incomparable sens de l’ humain. Les papotins ne sont pas en condition de voter malheureusement, c’ est peut etre pour cela que, débusquant un travers ou une qualité chez Edouard, Jacques ou Lionel, ils ne les disent pas l’ un contre l’ autre, mais ils y trouvent un invariant d’ humanité, quelque chose que nous aurions oublié, quelque chose d’ aimable et de pimpant, une invisible et insolite rime de coeur entre Arlette et Bernadette… Que les futurs élus s’ empressent donc de s’ occuper d’ eux, ils y gagneront!

Interviews

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Patrick Chesnais

Patrick Chesnais

Arnaud : Patrick, je voulais te demander, pourquoi tu criais dans le film de mercredi dernier ? Read more on « Patrick Chesnais » »